Elections Niger 2016

23 févr. 2016

Un électeur devant l'urne

Dimanche 21 février 2016, les nigériens étaient aux urnes pour élire le Président de la République et les députés nationaux.

A Boukoki un quartier populaire de Niamey, dans l’enceinte de l’école de la croix rouge règne une ambiance de fête. On remarque une file de voitures garées devant la cour de l’école.  A l’intérieur, des interminables files se tiennent devant chacune des vingt classes que compte l’école.

En effet chaque classe est un bureau de vote.

Il est 8 heures, malgré la présence des électeurs et des agents de sécurité, aucun bureau de vote n’est ouvert.

Après renseignement, nous apprenons que les membres des bureaux de vote sont encore au siège de la commission communale des élections pour acheminer  le matériel de vote.

A 9 heures un camion amène les membres des bureaux de vote et le matériel.

Un quart d’heure plus tard, les bureaux s’ouvrent et les électeurs commencent à rentrer.

Un policier est positionné devant chaque bureau et filtre les entrées. Chaque électeur doit montrer sa carte d’électeur et sa pièce d’identité.

A l’intérieur du bureau de vote 172, l’ambiance est bon enfant. Au bon milieu de la classe trônent deux urnes transparentes : l’une pour les présidentielles et l’autre pour les législatives.

Chaque bureau de vote est composé d’un président, un secrétaire, et deux accesseurs. Chaque parti politique ou candidat indépendant est représenté dans le bureau de vote par un délégué.

Quand l’électeur rentre dans le bureau de vote, il présente sa carte d’électeur et sa pièce d’identité au secrétaire qui l’identifie sur la liste électorale, il passe devant le 1er accesseur qui lui  donne le bulletin de vote. Il s’isole et fait son choix dans un isoloir prévu à cet effet. Après le choix, l’électeur vient à l’urne pour introduire son bulletin. Il passe devant le président qui coche son nom sur la liste d’émargement et signe sa carte d’électeur, pendant que le deuxième accesseur lui met de l’encre indélébile sur son doigt pour prouver qu’il a voté.

L’électeur reprend le même processus car il s’agit d’élections présidentielles couplées aux législatives.

Dehors c’est une ambiance de fête, on rit on se taquine. Dans les rangs les jeunes semblent ravir la vedette aux adlutes. Mamoudou un  ouvrier du bâtiment de 25 ans sort du bureau de vote avec un large sourire, il affirme, « c’est le plus beau jour de ma vie, je viens pour la première d’exercer mon devoir de citoyen. J’espère que j’ai fait le bon choix et je souhaite que ces élections se terminent bien ».

Il est 13 heures à Tourakou un autre quartier au nord de Niamey, malgré les trente-cinq degré, les électeurs se tiennent en file indienne devant les salles de classe qui servent de bureaux de vote.

Aissata une femme âgée qui ne supporte pas la file est assise sous un arbre  mais s’assure que sa place dans le rang est toujours gardée. Elle affirme « Depuis l’instauration de la démocratie au Niger en 1993, on a jamais vu une affluence aussi massive un jour de vote ».

A 19 heures le crépuscule a envahi le ciel brumeux du quartier Tourakou, mais la cour de l’école garde toujours son ambiance de fête.

Cette fois-ci les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans les rangs.

Fati, une étudiante en sociologie de 22 ans « vous savez nous les femmes, il faut que nous finissions nos travaux domestiques avant de venir voter ».

Vu le retard accusé à l’ouverture, les responsables des bureaux de vote accordent un bonus de temps aux retardataires pour pouvoir voter.

Il est 19h30, on annonce la fin des opérations de vote.

Le président invite les scrutateurs présents à venir assister au dépouillement. « Les choses  sérieuses commencent » affirme Idrissa un quinquagénaire qui connait apparemment le mécanisme du dépouillement.  

Un dimanche pas comme les autres à Niamey.