Discours de M. Fodé Ndiaye Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies au Niger au Lancement officiel du processus de formulation du PDES 2017-2021

5 sept. 2016

-      Excellence, Madame Kané Aïchatou Boulama, Ministre du Plan,

-      Mesdames et messieurs les Présidents des Institutions de la République,

-      Honorables députés nationaux,

-      Mesdames et messieurs les membres du Gouvernement,

-      Mesdames et messieurs les représentants des Forces de Défense et de Sécurité,

-      Monsieur le Gouverneur de la région de Niamey

-      Mesdames et messieurs les représentants des entités décentralisées (maires et régions), du secteur privé et de la société civile,

-      Honorables leaders religieux et traditionnels,

-      Excellences Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, chefs de mission diplomatique et représentants des organisations internationales,

-      Mesdames et messieurs les participants,

-      Chers invités,

L’honneur m’échoit de prendre la parole en ma qualité de Président du Comité des Partenaires Techniques et Financiers, au nom de mes pairs que je remercie vivement pour m’avoir désigné comme porte-parole. J’espère m’acquitter dignement de cette tâche.

Nous voudrions exprimer toute notre gratitude au Gouvernement de nous avoir associés au lancement du processus d’élaboration du Plan de Développement Economique et Social (PDES 2017-2021) et de nous témoigner ainsi sa confiance et de montrer la qualité de notre partenariat. Nous le démarrons assez tardivement ; donc il est plus nécessaire que nous tenions la feuille de route notamment la disponibilité d’un document de qualité en janvier 2017.

Le Processus d’élaboration du PDES que nous lançons aujourd’hui est d’une importance capitale pour plusieurs raisons :

1.    D’abord parce qu’il doit être le lieu de débats et recommandations sur les grands enjeux qui impriment leurs marques sur le développement national. Nous citerons celles notamment déclinées telles que la question de la sécurité et du développement, le forum sur la protection sociale, le forum sur Population et développement, la question de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et les résultats des consultations nationales post 2015. La question de la population est une urgence et un enjeu car elle a des incidences sur tous les indicateurs de développement, y compris sur l’Indice de développement humain (IDH). Elle constitue un facteur de tension sur l’accès aux services et l’atteinte de la plupart des objectifs de développement durable. Cette question démographique représente aussi un enjeu dans la mesure où les politiques publiques réussiraient à mieux intégrer la forte population active jeune dans  l’œuvre de construction nationale, afin de bénéficier du dividende démographique. Le dividende démographique requiert aussi des hommes et des femmes en bonne santé, bien éduquées, y compris sur le plan de la formation professionnelle, et ayant accès à des opportunités socio-économiques créées par un secteur privé dynamique, basé sur un esprit d’entreprise et d’initiative et évoluant dans un environnement favorable et avec des financements adéquats. La question de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, de l’accès aux services sociaux et de l’emploi, les aspects humanitaires, la prévention et la gestion des conflits, des risques et des catastrophes, la gestion des ressources naturelles sont donc intimement liées aux questions de population. Le développement est d’abord une affaire d’hommes et de femmes, de jeunes filles et de jeunes garçons, donc de population ! La trajectoire de notre pays dépendra fortement de cette tendance lourde démographique et de la qualité de la solution qui lui sera apportée de manière consensuelle, hic et nunc et dans le futur.

2.    Ensuite, le processus doit constituer un moment important de rétrospective basé sur une analyse objective de l’état de mise en œuvre du PDES 2012-2015 étendue à 2016, dont l’évaluation est en cours. « Tuna baya shi ne roko ». Les leçons tirées de cet exercice doivent certainement nous permettre de mesurer le chemin parcouru dans votre quête de l’amélioration des conditions de vie des populations Nigériennes, toutes catégories sociales confondues, et au-delà des clivages politiques, avec l’appui des partenaires techniques et financiers. En ce sens, l’évaluation représente un moment important de redevabilité. Nous aussi, en tant que partenaires techniques et financiers, nous devons rendre compte à nos instances respectives et aux populations des différents pays contribuant à nos financements pour le développement du Niger.

3.    Enfin, parce que ce processus coïncide avec une nouvelle architecture de développement au plan international avec notamment marquée par l'adoption de l'Agenda 2030 des Nations Unies, l'Agenda 2063 de l'Union Africaine, l'Agenda d'Actions d'Addis-Abeba pour le financement du développement, la tenue de la conférence de Sendai sur la réduction des risques de catastrophes, sans oublier l'accord historique sur le changement climatique en cours de ratification et le Premier Sommet Humanitaire Mondial. La grande opportunité de ce processus réside particulièrement, au plan national, dans un nouveau leadership découlant des élections présidentielle et législatives de 2016 basé sur le programme renaissance II du Président Issoufou; le processus de la stratégie de développement durable et de croissance inclusive ; et les prochaines élections de 2017 qui vont avoir des incidences sur la décentralisation (les régions et les communes).

Pour toutes ces raisons, et certainement d’autres que des autorités plus avisées souligneront, je voudrais faire les considérations suivantes :

1.    Comme pour le PDES 2012-2015, les Partenaires techniques s’engagent à appuyer de manière collaborative, efficiente, efficace, transparente, de manière concertée et coordonnée, le processus d’élaboration du PDES. En effet, le PDES doit être de qualité car il constitue notre cadre de référence sur lequel s’appuient tous nos cadres de coopération. Dès lors, il conditionne nos stratégies, nos plans d’action et nos financements pour contribuer au développement socio-économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations et au renforcement de leur espoir en un avenir meilleur. Cela est une étape importante pour renforcer la stabilité, l’inclusion sociale, la réduction des inégalités et la paix. Cela s’avère particulièrement pour les jeunes représentant plus de deux tiers de la population, et les femmes. Notons, qu’en Afrique, selon le PNUD, le fossé dû au déséquilibre de genre coûte 95 milliards de dollars US par an, soit plus que le transfert des migrants et l’aide publique au développement. Le Niger, plus que tout autre pays, est largement concerné par cet aspect.

2.    C’est pourquoi, le processus à notre avis doit être participatif, inclusif et s’appuyer sur une forte participation citoyenne. Cela suppose la conjugaison de deux approches : de haut en bas avec la vison nationale partagée et de bas en haut en reflétant les priorités des différents acteurs, les communautés de base, les entités décentralisées (communes, régions), le secteur privé, la société civile, les jeunes, les femmes. Il nous faut penser autrement et mieux les politiques publiques ; car celles-ci doivent être davantage consensuelles d’autant que pour le Niger, certains enjeux requièrent des changements de comportements, des décisions difficiles, et des actions de tous les jours. Il en est ainsi des enjeux démographiques, de la place de la jeune fille et de la femme dans la société, des questions de sécurité et développement, de la corruption et de la bonne gouvernance. La renaissance culturelle appelée par le Président est tout autant sociétale qu’individuelle.

3.    Le PDES doit veiller à une synergie et une articulation avec les politiques publiques sectorielles, les plans de développement régionaux, les plans de développement communaux. En outre, les lois de finance doivent aussi être articulées avec les plans d’investissement. En effet, il s’avère important de mettre en place les mécanismes adaptés de gestion axés sur les résultats avec des objectifs précis, des indicateurs appropriés SMART et un système statistique adéquat pour la mesurabilité des résultats, de leur impact et la redevabilité. Sur cette base, des revues conjointes régulières doivent être conduites.

4.    Le processus doit avoir un mécanisme adéquat de conduite. La structure en charge du processus et l’administration en général doivent avoir les compétences et les capacités requises. Sur la base d’un diagnostic institutionnel, les PTF sont prêts à continuer à contribuer au renforcement des capacités. Les liaisons entre la structure chargée du PDES et la taskforce ont permis une bonne conduite du PDES 2012-2015. Il serait indiqué et important qu’un mécanisme similaire soit maintenu pour le PDES actuel.  Le mécanisme de mise en œuvre doit aussi intégrer une rationalisation des groupes thématiques et de concertation et une plus grande concertation entre les Nigériens avant la concertation entre les Nigériens et les PTF.

Je vous remercie de votre aimable attention. Hannu daya baya daukar daki ! Bene loxo du xadd neek! Munataare ! Roko Karaje ! Irgo tchar bandé ! Nous sommes ensemble !